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DORA renforce la visibilité des actifs TIC dans les banques européennes

La directive DORA transforme la gestion des actifs TIC dans le secteur financier européen en un enjeu d’information fiable, nécessitant l’adoption de technologies de visibilité adaptées à chaque catégorie d’actifs.

  • Publié : 19 août 2026
  • Lecture : 13 min
  • Par : Anja Van Bocxlaer
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DORA renforce la visibilité des actifs TIC dans les banques européennes
DORA met en avant l'importance d'une visibilité fiable des actifs TIC dans le secteur bancaire européen, notamment en ce qui concerne leur identification, leur localisation, leur propriété et leur vérifiabilité, tant dans les environnements physiques que numériques. Source : Think WIoT
  • DORA impose une documentation précise et la protection des actifs TIC dans les institutions financières européennes.
  • La directive n’impose aucune technologie spécifique, laissant le choix en fonction des besoins réels de chaque actif.
  • Des technologies variées comme RFID, BLE, UWB, GNSS permettent différents niveaux de visibilité et de localisation des actifs.
  • La gestion des actifs inclut aussi la traçabilité des utilisateurs via des systèmes contrôlés comme proxSafe.

La directive DORA renforce les exigences imposées aux banques et institutions financières européennes en matière d’identification, de documentation et de protection de leurs actifs TIC. Les technologies RFID, NFC, BLE, UWB et de suivi IoT à grande échelle permettent d’automatiser certains aspects de cette visibilité des actifs physiques, mais tous les actifs ne nécessitent pas la même technologie ni le même niveau de précision des données de localisation.

DORA précise la gestion des actifs TIC

Depuis le 17 janvier 2025, la loi européenne sur la résilience opérationnelle numérique (DORA) s’applique à l’ensemble du secteur financier européen. Son champ d’application s’étend au-delà des logiciels et des réseaux de cybersécurité pour englober les actifs TIC dont dépendent les services financiers.

Le règlement délégué (UE) 2024/1774 qui l’accompagne rend les exigences en matière de gestion des actifs particulièrement concrètes. Les entités financières doivent tenir des registres comprenant un identifiant unique pour chaque actif TIC, son emplacement physique ou logique, sa classification, son propriétaire et les fonctions métier ou services qu’il prend en charge.

La sécurité physique fait également partie de ce cadre. Les entités financières doivent mettre en place des mesures visant à protéger les actifs TIC à l’intérieur et à l’extérieur de leurs locaux, et contrôler l’accès physique aux zones où se trouvent les actifs TIC et les actifs d’information.

Cela ne signifie en aucun cas que les banques doivent déployer des systèmes RFID, Bluetooth ou de localisation en temps réel. La directive DORA est neutre sur le plan technologique.

La question opérationnelle est donc différente : comment une institution financière peut-elle garantir que les informations relatives aux actifs TIC physiques restent exactes, à jour et vérifiables sans créer une couche supplémentaire de tâches administratives manuelles ?

Tous les actifs TIC n’ont pas besoin d’une localisation en temps réel

Un ordinateur portable, un composant de serveur, un appareil mobile ou tout autre actif TIC n’a pas nécessairement besoin d’apparaître sous la forme d’un point mobile sur une carte.

La visibilité des actifs peut aller de la simple identification au suivi continu. Selon le cas d’utilisation, une institution financière peut avoir besoin de savoir de quel actif il s’agit, s’il est toujours présent, s’il a franchi un point de contrôle défini, où il se trouve actuellement ou qui en a la garde.

Ces questions nécessitent différents niveaux de visibilité sans fil.

La RFID UHF passive (également appelée RAIN RFID) permet d’identifier un grand nombre d’actifs étiquetés et prend en charge les inventaires automatisés ou la détection aux points de contrôle sans nécessiter de piles dans les étiquettes. La RFID HF et la technologie NFC permettent une identification intentionnelle à courte portée.

Mais l’identification ne se limite pas à la RFID. Le Bluetooth Low Energy (BLE) permet également d’identifier des étiquettes ou des appareils actifs. La fonction de diffusion BLE permet aux appareils de signaler leur présence à une infrastructure de lecture, ce qui rend le BLE adapté à l’identification active des actifs et à la détection de présence.

Avec une infrastructure supplémentaire et des méthodes de localisation, ces mêmes étiquettes BLE peuvent également prendre en charge des services de proximité, de détection de zone ou de localisation.

La technologie UWB (Ultra-Wideband) devient pertinente lorsqu’un positionnement continu nettement plus précis est requis. Pour les actifs se déplaçant à l’extérieur d’un bâtiment ou entre différents sites, le GNSS, le positionnement Wi-Fi et la connectivité LPWAN ou cellulaire peuvent étendre la visibilité au-delà des locaux.

Le choix de la technologie appropriée ne dépend donc pas de la norme DORA en soi, mais de ce que la banque a réellement besoin de savoir sur chaque catégorie d’actifs.

HID : de l’identification passive à la visibilité des actifs par BLE

HID montre comment différents niveaux de visibilité des actifs peuvent coexister au sein d’un même portefeuille.

Pour le suivi passif des actifs et la gestion des stocks, HID propose des étiquettes RFID et des technologies de lecture couvrant les bandes LF, HF et UHF/RAIN RFID. Pour le suivi actif, HID fournit un système RTLS basé sur la technologie Bluetooth Low Energy (BLE), avec des approches à la fois par zone et par objet.

Passerelles WiFi BluFi™ BLE
Passerelle et pont

Passerelles WiFi BluFi™ BLE

Les passerelles BluFi™ BLE-WiFi intègrent les données Bluetooth Low Energy aux infrastructures réseau pour des solutions IoT sécurisées et évolutives.

Cette distinction est importante. La RFID passive peut être appropriée lorsqu’une banque souhaite identifier des actifs, accélérer les inventaires ou les détecter à des points de lecture définis. Les étiquettes BLE peuvent signaler activement leur présence et, lorsqu’elles sont associées à l’infrastructure RTLS nécessaire, fournir des informations de zone ou de localisation.

Cela tend vers une architecture à plusieurs niveaux : recourir à l’identification passive lorsque les informations d’inventaire sont suffisantes, et au suivi actif BLE lorsque la mise à jour continue de la présence ou de l’emplacement apporte une valeur opérationnelle supplémentaire.

deister electronic relie les actifs aux utilisateurs autorisés

La localisation n’est pas toujours l’information la plus importante. Dans de nombreux processus bancaires, la traçabilité peut revêtir une importance plus grande.

Les systèmes proxSafe de deister electronic combinent l’identification par RFID avec des armoires et des casiers contrôlés. Les utilisateurs autorisés s’identifient avant d’accéder à des clés ou à du matériel de valeur, tandis que les opérations de retrait et de restitution sont automatiquement enregistrées. La plateforme fournit également des rapports à des fins d’audit et de conformité.

proxSafe®
Lecteur et encodeur

proxSafe®

Le système proxSafe® garantit une gestion sécurisée et évolutive des clés via une technologie RFID et une centralisation logicielle.

Pour les équipements stockés dans de tels systèmes, la question pertinente est la suivante : qui a pris quel actif, et quand a-t-il été restitué ?

deister prend également en charge le stockage contrôlé des équipements et des objets de valeur, ainsi que la gestion centralisée sur plusieurs sites.

Pour les établissements financiers, cette approche pourrait s’avérer pertinente partout où du matériel informatique partagé, des clés ou d’autres objets sensibles sont remis à des employés autorisés.

Cela illustre un autre point important : la visibilité des actifs physiques n’est pas nécessairement synonyme de localisation. Parfois, un registre de conservation fiable fournit des informations plus utiles.

RFID pour l’identification, l’inventaire et les points de contrôle

Plusieurs autres fournisseurs de la plateforme Think WIoT s’intéressent à l’intermédiaire entre l’inventaire manuel et le RTLS continu.

IDCRAFT inclut explicitement les équipements informatiques parmi ses applications de suivi des actifs. La société propose des technologies RFID HF/NFC et UHF/RAIN et décrit des architectures RFID complètes comprenant des étiquettes, des lecteurs, des intergiciels et l’intégration dans des systèmes de niveau supérieur.

Une telle architecture est particulièrement pertinente lorsque les établissements financiers souhaitent remplacer les processus d’inventaire manuels ou basés sur des codes-barres par une identification automatisée et une lecture en masse.

iDTRONIC aborde le suivi des actifs à la fois avec les technologies RFID et IoT. Pour les déploiements RFID fixes, l’entreprise décrit des zones de détection aux points de contrôle qui définissent et surveillent des zones logiques au sein d’un site. Pour les actifs se déplaçant au-delà du site local, ses solutions de suivi IoT associées utilisent la connectivité LTE-M et NB-IoT.

Cela met en évidence une distinction architecturale utile : un lecteur RFID fixe peut enregistrer le passage d’un objet identifié à un point de contrôle spécifique, tandis qu’un traceur actif connecté peut fournir des informations sur une zone géographique bien plus vaste.

FEIG ELECTRONIC fournit une infrastructure de lecteurs RFID pour l’identification automatisée et la gestion des actifs. Selon l’application, les systèmes RFID HF mobiles peuvent prendre en charge la gestion contrôlée des stocks et l’identification des documents, tandis que l’infrastructure RFID UHF/RAIN permet une détection automatisée des actifs à plus longue portée.

microsensys propose également des solutions d’identification et de documentation mobiles. Ses solutions mobiles de saisie de données utilisent la technologie RFID HF/NFC ou UHF pour l’identification unique des objets, tandis que l’iID DATAcollector prend en charge l’inventaire des objets, les niveaux d’autorisation, la documentation et l’intégration dans des logiciels existants ou des environnements cloud.

Fournisseurs contextuels

Fournisseurs Connexes

Ces approches sont particulièrement pertinentes lorsque la principale exigence est la suivante : « Quels sont les actifs présents et correctement documentés ? », plutôt que « Où se trouve exactement chaque actif à chaque seconde ? ».

Le BLE étend l’identification aux informations de présence et de localisation

La technologie BLE peut couvrir plusieurs niveaux de visibilité des actifs. Dans sa forme la plus simple, une balise BLE signale périodiquement sa présence et sert d’identifiant sans fil actif. Avec des récepteurs répartis dans un bâtiment, les détections peuvent également offrir une visibilité au niveau d’une pièce ou d’une zone.

La technologie Bluetooth Channel Sounding, introduite avec Bluetooth Core 6.0, étend cette capacité grâce à une télémétrie précise et sécurisée. En utilisant la télémétrie basée sur la phase (PBR) et le temps de transit aller-retour (RTT), elle permet une mesure de distance bien plus précise que l’estimation classique basée sur le RSSI, avec pour objectif une télémétrie au centimètre près.

Le « Channel Sounding » mesure la distance entre les appareils, mais il ne s’agit pas d’un système de positionnement complet. La détermination d’une position 2D ou 3D unique nécessite toujours une infrastructure adaptée et des informations de référence supplémentaires.

Pour les banques et les institutions financières, le BLE peut donc prendre en charge l’identification active, la détection de présence, la visibilité par zone et des services de télémétrie ou de localisation plus précis, à condition que les balises alimentées par batterie et l’infrastructure requise soient adaptées au cas d’utilisation.

Lorsque la localisation précise est réellement nécessaire

Il existe également des cas où les informations de présence ou de point de contrôle s’avèrent insuffisantes.

Kathrein Solutions fait la distinction entre la RFID pour la détection ponctuelle et le RTLS pour le positionnement continu. Son documentation sur le RTLS aborde le BLE, le Wi-Fi et l’UWB en tant que technologies de positionnement en intérieur, l’UWB étant particulièrement adapté aux applications nécessitant une localisation précise des objets.

Pour un établissement financier, une telle infrastructure ne se justifierait probablement pas pour chaque écran, ordinateur de bureau ou ordinateur portable standard.

Elle pourrait toutefois s’avérer pertinente pour certains actifs de grande valeur, critiques ou se déplaçant fréquemment, pour lesquels la connaissance d’une position exacte ou mise à jour en continu apporte une valeur ajoutée suffisante sur le plan opérationnel ou de la sécurité.

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Fabricant de matériel

KATHREIN Solutions

KATHREIN Solutions révolutionne la manière de travailler avec les technologies RFID, AutoID, capteurs et RTLS, et est devenu un innovateur reconnu et un leader du marché dans le secteur AutoID.

Du bâtiment aux actifs distants

Dès lors qu’un actif quitte régulièrement le bâtiment ou le campus d’une banque, une autre couche technologique entre en jeu.

Truvami propose des dispositifs de suivi LoRaWAN actifs qui combinent le GNSS, le balayage Wi-Fi et la connectivité Bluetooth. Son Tag L, par exemple, peut obtenir des informations de localisation via le GNSS et le balayage Wi-Fi, puis transmettre des données de suivi et d’état via LoRaWAN.

La gamme actuelle de dispositifs comprend des traceurs pour les petits actifs de valeur, les véhicules, les conteneurs et autres équipements mobiles.

Ce type d’architecture serait excessif pour des milliers d’actifs de bureau fixes, mais il illustre comment la visibilité des actifs peut être maintenue lorsque certains équipements se déplacent entre des succursales, des sites de service ou des sites externes.

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Fournisseur de logiciels et plateformes

Truvami

Truvami connecte le matériel de suivi à une plateforme intelligente pour une visibilité complète des actifs. Il aide les organisations à retrouver plus rapidement leur équipement, à éviter les pertes et à maintenir l'efficacité des opérations sur l'ensemble des sites, des flottes et des projets de terrain à forte valeur ajoutée.

De l’exigence DORA à l’architecture sans fil

La conclusion importante n’est pas que la directive DORA impose l’installation de la RFID ou d’un système RTLS.

La directive DORA souligne l’importance de disposer d’informations fiables sur les actifs TIC, notamment leur identité et leur emplacement physique ou logique. Les technologies IoT sans fil permettent d’automatiser différentes étapes de cette chaîne d’informations.

L’architecture doit donc partir de l’exigence d’information :

  • Identification : de quel actif s’agit-il ?
    Étiquettes actives RAIN RFID, RFID HF/NFC ou BLE

  • Inventaire et présence : l’actif se trouve-t-il ici ?
    RFID RAIN ou BLE

  • Mouvement et visibilité par zone : est-il entré ou sorti d’une zone définie ?
    Points de contrôle RAIN RFID ou détection de zone basée sur BLE

  • Gestion : qui détient actuellement l’actif ?
    Stockage contrôlé des actifs combiné à l’identification de l’utilisateur et de l’actif

  • Localisation en intérieur : Où se trouve-t-il dans le bâtiment ?
    Système RTLS basé sur BLE ou UWB, en fonction de la précision de positionnement requise

  • Suivi à distance : où se trouve-t-il à l’extérieur du site ?
    Positionnement GNSS ou Wi-Fi combiné à une connectivité LPWAN ou cellulaire

Cela permet également d’éviter une idée fausse courante : la RFID ne sert pas uniquement à l’identification, et le BLE ne sert pas uniquement à la localisation. Les deux technologies peuvent contribuer à l’identification et à la détection de présence. Le BLE peut en outre fournir des informations de localisation de plus en plus détaillées lorsque l’infrastructure de positionnement appropriée est mise en place.

Pour les banques et institutions financières européennes, l’objectif ne doit donc pas être de suivre en permanence chaque actif TIC. Il s’agit d’adapter le niveau de visibilité sans fil à la criticité, à la mobilité et au profil de risque de chaque catégorie d’actifs.

Cela transforme la réglementation DORA, qui relevait jusqu’alors d’un débat purement réglementaire, en une question pratique relative à l’IoT sans fil : que doit savoir une institution financière sur chaque actif TIC physique, et quelle technologie peut fournir ces informations avec le moins d’infrastructure et de complexité possible ?

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